Article de Josette Combes, co-présidente du MES France

Cet édito est le dernier que je rédige avant de démissionner de ma fonction de coordinatrice de la communication que j’assume depuis plusieurs années, officieusement dans un premier temps, avant la structuration d’une réelle équipe dédiée, puis à la suite. J’ai eu beaucoup de plaisir à contribuer aux travaux du RIPESS Europe, non seulement parce que je suis une activiste du développement de l’économie solidaire comme une des solutions, sinon la seule, pour extirper le monde de la dérive insensée où il se trouve, mais parce que pendant toutes ces années j’ai rencontré de belles personnes inspirantes. Au cours de l’AG qui aura lieu du 19 au 21 septembre, nous aurons le plaisir de nous retrouver pour réfléchir ensemble aux valeurs qui nous réunissent (nous allons « rafraichir « la charte du RIPESS Europe ) et aux stratégies d’alliances  qu’il nous faut conforter ou engager pour faire progresser l’économie solidaire dans l’imaginaire collectif et dans les dispositifs structurants de la société.
L’été a été l’occasion de tels moments. On trouvera ici les compte-rendus de ces assemblées, que ce soit celle des  écovillages , des mouvements sociaux, ou celle de Colombie où nos homologues du RIPESS LAC ont participé.

Nous consacrons un article aux démêlés que rencontrent les opposants aux méga bassines en France en lien avec la dissolution du mouvement «Les soulèvements de la terre » auquel le conseil d’État français s’est finalement opposé. Une illustration parmi d’autres sur la répression que subissent tous ceux qui s’opposent en le manifestant physiquement leur refus du gaspillage des ressources qui devraient être des biens communs au profit d’intérêts économiques monopolisés par les grands groupes.

Alors qu’il faudrait freiner l’artificialisation des terres, les diverses pollutions de l’eau, dont les océans, l’air, la terre, la gabegie d’objets inutiles, les prédations continuent et même s’accroissent. Cet été les images de la planète qui brûle montrent un spectacle terrifiant sur tous les médias, images de méga-feux s’attaquant aux « paradis » consommés par les touristes, Rhodes, Corfou, en Grèce, Tenerife dans l’archipel des Canaries, Maui dans l’archipel des Hawaï avec sa capitale détruite, ses 12 000 habitants, ceux qui n’ont pas péri dans les flammes devenant des réfugiés de l’intérieur, ce qui oblige les touristes et campeurs à fuir en maillot de bain, les flammes leur léchant la peau et les fumées asphyxiantes leur brûlant les poumons ; tandis que les forêts canadiennes subissent le même sort en balançant dans l’atmosphère l’équivalent d’une année d’émissions carbone du Japon, pays développé, fétichiste de la Marchandise. (http://hypathie.blogspot.com/2023/08/la-planete-malade.html). Les COP se succèdent et rien de significatif n’en sort. La société civile n’a pas fini de protester…

Et de souffrir. A l’heure où j’écris, le Maroc décompte les morts qui ont péri dans le terrible tremblement de terre qui l’a frappé dans la nuit du 8 au 9 septembre. Nous exprimons notre sincère solidarité à tous ceux qui vivent ce drame. Nous pensons particulièrement à nos amis de l’Université de Marrakech, espérant qu’ils sont sains et saufs.

A rebours de ces constats pessimistes, doit-on se réjouir que l’ UNTFSSE, l’Inter -Agency Task Force de l’économie sociale et solidaire des Nations Unies lance une série de formations  pour sensibiliser à l’économie sociale et solidaire (ESS) et à la manière dont elle peut contribuer à la réalisation des Objectifs du Développement Durable. On ne peut qu’être impressionné par l’ambition de l’objectif : « un cours ouvert en ligne qui permettra aux États membres et aux organes intergouvernementaux des Nations Unies, aux entités des Nations Unies, aux gouvernements et aux organisations régionales, aux décideurs politiques, aux universités et aux groupes de réflexion, aux banques de développement, à la société civile (ONG, fondations, groupes bénévoles, etc.), au secteur privé et aux médias de se familiariser avec les concepts et les pratiques de base de l’économie sociale et solidaire (ESS) et son rôle central dans la promotion d’un développement inclusif et durable. ». Cela fera-t-il enfin bouger les lignes ?

Pour conclure ce billet, rappeler que le RIPESS Europe avec Socioeco a commencé à créer des modules de formation en ligne via Moodle et sur le modèle de wikipédia, Solecopedia, une encyclopédie interactive dédiée exclusivement à l’économie solidaire. Nous espérons que nos membres y contribueront en l’enrichissant de leurs propres approches des concepts.

Voilà, je vais me consacrer à mes propres travaux d’écriture. Je suis heureuse de m’éloigner alors que le RIPESS Europe va bien, ces dix années ont été une belle aventure qui a vu prospérer et s’affermir le réseau. Je continuerai à suivre son actualité notamment en lisant la newsletter dont Georgia et Maria du DOCK (Grèce) ont pris le relais. Merci à elles et merci à Juliette, Jason, Andréa et Françoise avec qui j’ai eu tant de plaisir à travailler. Merci à toute l’amitié qui a circulé et nourri nos énergies.
Bon vent à vous, à vos projets et vive l’économie solidaire.